Travailler 4 jours par semaine, une expérimentation menée par la Colloc

Dans cet article, nous souhaitons partager notre expérimentation de la semaine de 4 jours. Un outil concret, qui coche pas mal de cases, face aux attentes des salariés qui évoluent. Mais attention, comme toutes les solutions, ce n’est qu’un outil, pas une solution miracle et cela se construit, évolue pour être efficace. On vous raconte notre expérience sur ce dispositif.

Pourquoi on entend parler de la semaine de 4 jours partout ? 

Aujourd’hui, les entreprises font face à des difficultés de recrutement et de fidélisation et ont besoin de solutions pour s’adapter face à ces changements, tout en assurant la pérennité économique de l’entreprise.

L’héritage de la conception du travail, très répandue en Occident, assimile tout travail à un labeur. Les attentes des salariés ont évolué, cela s’est fortement accéléré depuis deux ans et les salariés font désormais reposer cette responsabilité sur les épaules des entreprises qui multiplient les initiatives en faveur de la qualité de vie au travail.

Alors on voit de tout : du flex office, du télétravail, de la semaine de 4 jours, etc. Mais attention : ces dispositifs ne sont que des outils qui doivent être réfléchis, qui nécessitent un accompagnement car cela bouscule des standards. Si ce n’est pas le cas, au mieux on sera sur sur social washing, au pire, les effets pourraient être dévastateurs. Il ne suffit pas de mettre un baby foot dans la cuisine et un «chief happiness officer» pour que cela fonctionne  et que les gens aiment travailler dans l’entreprise. Il faut que les changements d’organisation soient profonds et authentiques.

De nombreuses études montrent que le bien être au travail et l’équilibre vie pro/vie perso est un élément prépondérant dans les attentes des salariés.

 

Extrait de L’observatoire des rythmes de travail – Welcome to the jungle – 2020

 

Alors oui, sans doute que certains parmi vous diront que ce n’est pas pour eux, que ces nouveaux modèles ne marchent que pour les start up.

On ne va pas se mentir, il est beaucoup plus aisé de mettre en place ce type de dispositif dans le tertiaire. Mais on note déjà dans tous les secteurs d’activités que les entreprises ont du mal à attirer et fidéliser des talents.

Et que ferez-vous quand vous n’aurez plus de salariés à vouloir venir travailler dans votre entreprise ?

Il y a un peu plus d’un an, une salariée nous a demandé si elle pouvait passer à la semaine de 4 jours car elle souhaitait avoir son mercredi pour des raisons personnelles.

De nature curieuse, et avec l’envie de tester de nouvelles manières de travailler, nous avons creusé le sujet. En effet, depuis sa création, la Colloc est guidée par le souci d’assurer auprès de l’ensemble des collaborateurs un véritable bien-être au travail tout en préservant la vie de l’entreprise.

Comment avons-nous fait ? 

1. Avoir envie d’essayer 

Tout doit partir d’une volonté de la direction, d’une envie de changer les choses, de mettre en place de nouveaux modèles. Nous étions convaincus que cela pourrait développer un meilleur équilibre vie pro/vie perso . Cela n’était pas pour autant sans ajustement. Nous avons donc pris la décision de mener une expérimentation afin de pouvoir faire évoluer le modèle ensemble et l’affiner pour que cela fonctionne et soit une réussite.

Il fallait que ce modèle soit bénéfique pour le salarié tout en respectant les enjeux de l’entreprise.

2. Se documenter et poser le cadre  

Nous avons beaucoup lu d’études et de retours d’expériences d’entreprises françaises et internationales qui avaient déjà mis en place ce type de dispositif afin d’affiner notre modèle et de poser le cadre initial pour lancer l’expérimentation.

  • La durée du travail des salariés participants à l’expérimentation sera désormais répartie sur 4 jours, et non plus sur 5 jours, avec un maintien du nombre d’heures travaillées et le maintien du salaire. (Cela a été le fruit de discussions avec les salariés.)
  • La fixation de ces jours de repos pendant cette période d’expérimentation est fixée individuellement en fonction des postes et de l’activité de la Colloc.
  • En cas de forte activité et besoin de revenir sur le jour de repos, ce temps est compté en heures supplémentaires récupérées.

3. C’est parti ! 

Phase 1 : Septembre à Décembre 2021

Nous avons proposé à tous les salariés de participer à l’expérimentation mais le concept n’a pas séduit tout de suite. En effet, il a plutôt soulevé des doutes : « mais cela va avoir une incidence sur tout le reste de l’équipe ? Ca va être plus compliqué de caler les réunions. Gérant un lieu ouvert au public, cela ne peut pas marcher car il faut bien qu’on soit ouvert tous les jours », etc.

Une seule salariée était volontaire pour tester cela sur la période.

Phase 2 : Janvier 2022 à Août 2022

Une partie de l’équipe a demandé à pouvoir rejoindre l’expérimentation en janvier 2022. L’équipe en question est l’équipe chargée des lieux, donc l’équipe la plus contrainte par une présence physique liée à l’ouverture du lieu au public tous les jours. Passer de 5 jours à 4 de présence, entraînait forcément un petit casse tête de planning. Nous leur avons demandé de proposer un planning qui permette d’assurer les horaires d’ouverture du lieu.

Si nous devions résumer cela, on pourrait dire : que vous fassiez votre travail en 4 ou 5 jours cela ne change rien pour La Colloc, tant que vous nous montrez que cela n’a pas d’impact sur la qualité des prestations auprès de nos clients.

Un planning a été validé par l’équipe test en février 2022, et il a été régulièrement optimisé lors de réunions. Car forcément, les premiers mois, des ajustements ont dû être faits mais nous étions prêts à accepter ces erreurs, ces ajustements pour ensuite aller vers du mieux.

4. Optimiser & mesurer 

Tout au long des deux phases, nous avons organisé des temps d’échanges individuels et collectifs pour recueillir les avis et idées d’optimisation.

Nous avons également réalisé un sondage en ligne à la moitié de la phase 2  afin de récolter des données chiffrées de la phase 2 que nous pourrons ensuite comparer à la fin août 2022.

Nos retours d’expériences.

On commence par les difficultés ? 

  • Le jour non travaillé était libre : trop compliqué à gérer et surtout cela met en difficulté le collectif sur le suivi des dossiers et la circulation de l’information. De plus, le nombre de personnes de l’équipe à vouloir passer à la semaine de 4 jours grandissait, et nous avons dû faire évoluer le modèle vers deux jours proposés pour le jour non travaillé : le mercredi et le vendredi.

Ces jours collent avec la vie perso de l’équipe et correspondent avec le rythme de fréquentation de notre lieu.

  • Suivi des dossiers : Le jour où la personne en charge d’un dossier n’est pas là et que le client appelle, ne pas lui répondre a pu générer des difficultés dans le suivi de gestion des dossiers. Pour remédier à cela, la meilleure solution est l’anticipation. De la même manière que lorsque l’on part en congés, on s’organise en amont, soit pour passer le dossier à un collègue, soit pour le gérer avant de partir, soit prévenir le client pour éviter tout bug dans le suivi du projet.

Et maintenant, on vous parle des bienfaits ?

A ce jour, 6 salariés sur 12 testent le dispositif et voici ce qu’il en ressort :

  • 100 % d’entre eux veulent poursuivre l’expérimentation car la semaine de 4 jours n’a pas entraîné de complications dans leur quotidien de travail.
  • Véritable levier de fidélisation des salariés : 100 % affirment qu’il s’agit d’un élément de motivation dans le fait d’aimer travailler à la Colloc.

Quels sont les effets de la semaine de 4 jours dans votre travail ? 

  • 100 % se disent être plus productifs
  • 100 % affirment avoir une meilleure optimisation du temps
  • 40 % ont pu noter une baisse du stress, pour les 60 % restant , cela n’a rien changé dans le sens où cela n’a pas engendré un stress supplémentaire de devoir tout faire en 4 jours
  • 80 % affirment que leur bien être s’en est vu amélioré

Quels sont les effets de la semaine de 4 jours d’un point de vue personnel ? 

  • Une vie personnelle mieux organisée (80 %)
  • Moins de fatigue ( 40 %) (due aux déplacements domicile – travail)
  • Plus de temps pour les loisirs (40 %)
  • Plus de temps pour soi (40 %)
  • Réduction des coûts de transports pour venir travailler ( 20 %)

Le jour non travaillé est un jour mis à profit par chacun pour un temps propre qui contribue à son bien être perso, au fait de voir d’autres choses, de faire d’autres choses et donc de s’enrichir. Cette richesse rejaillit forcément sur les missions au sein du travail.

La suite ? 

Le reste des salariés a formulé le souhait de rejoindre le dispositif et nous travaillons actuellement à optimiser le fonctionnement.

Nous continuons d’affiner ce modèle qui aujourd’hui, après plusieurs mois, commence à porter ses fruits.

En résumé : le travail est fait, voire même mieux et les salariés se sentent mieux.

Cet article vous a donné envie d’essayer ? 

 

Lectures que l’on vous conseille si vous voulez creuser la réflexion :

https://www.welcometothejungle.com/fr/collections/workers/la-semaine-de-4-jours

https://pros.welcometothejungle.com/fr/resources/observatoire-welcome-2020/

https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/la-semaine-de-4-jours-mise-en-place-chez-mv-group-15-02-2022-12922879.php

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